Samedi 30 mai, le tout nouveau et très beau centre commercial de Rémire-Montjoly 2 accueillait les 12 équipes du concours Cadette entreprise et c’était toute la galerie commerciale qui était envahie par les stands des équipes tous plus attrayants les uns que les autres.

Toute la galerie du centre commercial était occupée par les stands
Les participants les plus tendus étaient les membres du jury, car cette année le choix était ardu. Finalement après bien des discussions, les récompenses ont été attribuées aux équipes suivantes :
| Prix décerné | Cadette entreprise | Classe |
| 1er prix : entreprendre dans un lycée | Chwity | 4ème SEGPA, collège Auxence Contout |
| Autonomie et organisation | Guyapuzzles | CIPA, collèges Auxence Contout et Zéphir |
| Communication et média | Balata Art Création | Terminale, lycée Balata |
| Création | Kaz Design | 2nde, 1ère et terminale vente et service, lycée Elie Castor |
| Animation du stand | Coktail Party | Bac pro, lycée Melkior-Garré |
Michel Ravitsky, DAET-DAFCO de Guyane, nous livre ses impressions.
Pourquoi cette année était-elle plus difficile pour le jury ?
La qualité des projets est en énorme évolution. Il n’y a pas une idée qui soit médiocre. Nous avons cette année des produits ou des services viables et qui n’existent pas en Guyane. Regardez l’excursion de découverte d’Iracoubo et du village amérindien de Bellevue, regardez les pots en ciments de Balata. Regardez les somptueuses lampes de Elie Castor avec un stand on ne peut plus « flashy ». Et Maripasoula : tous ces objets artisanaux des cultures du fleuve, faits et commercialisés par les élèves, n’est-ce pas la preuve que notre École peut accueillir toutes les cultures et faire que chaque élève garde avec fierté son identité tout en avançant dans son travail d’apprentissage ?

Artisanat à Maripasoula : tout est fait par les élèves
Comment le jury a-t-il pu choisir ?
Il y a un point à ne pas oublier : Cadette entreprise, c’est d’abord une entreprise qui existe pendant une petite année scolaire. Il ne suffit pas d’avoir une idée géniale et de bien communiquer. Comme disait Brassens, « sans technique un don n’est rien qu’une sale manie ». Il faut que l’entreprise vive et soit bien gérée. Ce qui veut dire une comptabilité bien tenue, des cahiers de caisse, des coûts identifiés et maîtrisés, et une entreprise rentable, qui a un marché identifié et qui gagne de l’argent ou en tous cas n’en perd pas. Donc nous sommes très attentifs au dossier, au marketing, à la comptabilité et au respect des délais. Les pénalités de retard ça existe dans la vraie vie, alors dans Cadette entreprise aussi.

C’est meilleur quand c’est beau : les couleurs du stand de boissons de Melkior !
Quel prix sera attribué aux vainqueurs cette année ?
L’an passé c’était un voyage à Macapa, dont les élèves ont rendu compte récemment. L’an prochain ça devrait être à Paramaribo, pour que les élèves voient comment la création d’entreprise se réalise dans ce pays qui ressemble tant à la Guyane et pourtant est si différent. Mais tous les financements et les partenariats locaux sont loin d’être bouclés, j’y travaille.

Guyapuzzle : des cadeaux pour touristes désirant apprendre la géographie et les bois de Guyane
Comment voyez vous l’évolution future de ce concours ?
Nous devons faire attention à la crise de croissance qui nous guette : du fait du nombre croissant d’équipes, le temps à passer par le jury sur l’étude des dossiers est plus long, et donc nous devons donc nous rendre davantage disponibles. Même chose lors de la finale, le questionnement au stand nous a pris beaucoup de temps et nous aurions aimé en passer encore plus avec chaque équipe pour échanger avec eux. Ce manque de temps est aussi un indice pour les équipes : mettez vous à la place du jury, soyez percutants, allez à l’essentiel dans vos présentations tant orales qu’écrites !

Le très beau stand du lycée Elie Castor de Kourou
Sur un autre plan, le voyage au Brésil nous a fait découvrir le concours Joven Empreador avec qui nous envisageons une finale commune, avec peut être aussi la Guadeloupe, qui fonctionne de manière identique à la Guyane. Par contre Joven Empreador traite de la création de vraies entreprises, même s’il se réalise en établissement scolaire. Cela nous a interpellé. J’aimerais que les projets de Cadette entreprise ne s’arrêtent pas avec la proclamation des résultats. Donc nous étudions avec des structures d’accompagnement à la création d’entreprise la possibilité d’aider des élèves diplômés à monter leur entreprise de manière pérenne. Cette année, deux ou trois projets semblent vouloir être repris par des élèves comme par exemple le très beau projet de réparation de moteurs hors-bord de Saint-Georges-de-l’Oyapock qui s’inscrit complètement dans les besoins locaux. C’est normal, me direz vous, car nous sommes à Saint-Georges-de-l’Oyapock dans un CAP d’agent de développement des activités locales. Mais là quand même, nous sortons du rôle de l’École, et nous nous bornerons à être un trait d’union.

Réparation de hors-bord, du jamais vu à Saint-Georges-de-l’Oyapock
Autre chose, la variété des provenances des candidats, de la SEGPA au BTS -même si cette année les BTS nous ont boudé- va peut être nous obliger à faire des catégories. Cela a des avantages et des inconvénients, il faut qu’on y réfléchisse.

Un produit original inexistant en Guyane ! C’est à Balata
En conclusion, vous êtes satisfaits de 2008 ?
Plus que satisfait : le concours Cadette entreprise est un des révélateurs du sens de l’enseignement professionnel. Et le sens, c’est bien de mettre sur le marché du travail des élèves les plus en adéquation possible avec les besoins socio-économiques. L’adéquation, elle est pour moi à deux niveaux : au niveau quantitatif, avoir des filières adaptées à l’économie locale, c’est mon travail de DAET, et le niveau qualitatif, c’est que les élèves soient les plus « pêchus » possibles, motivés par leur métier et ayant envie de faire leur trou dans notre société. Et l’action est cohérente pour y tendre : que ce soit l’exposition Métier Passion, le travail incessant sur la carte des formations, la mise en place des CAP ADAL, ou le concours Cadette entreprise, tout va dans le même sens. Il y a encore plein de choses à faire, comme par exemple développer un réseau plus serré de conseillers de l’enseignement technologique, ces professionnels qui suivent les filières, ou encore mieux suivre les stages, et cela se fera.

Un produit très original : une visite touristique d’Iracoubo et la découverte de son artisanat
Je voudrais, pour terminer, saluer le travail de fourmi d’Isabelle Gumilar, notre coordinatrice rectorale du concours, sans qui il n’aurait jamais pris l’essor qu’il a aujourd’hui. Et puis je voudrais aussi remercier nos partenaires : l’ACREDEG et Radiah Ho-A-Chuck qui nous aide beaucoup, et toutes les structures telles que la Mission Guyane du CSG, la CCIG, la Jeune chambre économique, EDF, La Poste et le Conseil régional. Et puis surtout les enseignants qui ont su s’emparer de Cadette entreprise pour rendre leur contenu de cours plus accroché au réel. Cadette entreprise c’est d’abord des enseignants qui encadrent leurs élèves, ne l’oublions pas. Et la difficulté, c’est d’encadrer sans se substituer aux élèves !